Apercu rapide du road trip qu'on entreprend :

Nous quittons donc la Tasmanie, attrapons notre correspondance a Melbourne, et volons pendant 2 heures pour atteindre Alice Springs. Déjà depuis le hublot, le paysage n'a rien a voir avec la Tasmanie. On est en plein cœur du désert, rouge et jaune, aride, la terre est fissurée, la végétation absente.

On saute dans la navette qui nous dépose au backpackers, ou l'on rencontre Prya, une américaine de Detroit, qui nous joindra pour la session shopping et repas du soir. Au menu BBQ australien, il est temps de faire goûter le kangourou a Clem et Gui ! Dernière nuit luxueuse (j'entends par la dans un vrai lit) avant un bon moment... Nuit sans encombre, a part les américaines de la chambre d'à cote qui tchatchaient comme des pipelettes en colo jusqu'à pas d'heure, et l'anglaise somnambule de notre chambre qui s'est dressée sur son lit en hurlant "qu'elle ne voulait pas aller par la" deux ou trois fois. Un taxi nous amène, Clem et moi, a Britz, l'agence de location ou l'on récupéré le van. Après des aventures administratives incroyablement captivantes, des refus de cartes de crédit et un DVD sur l'utilisation du véhicule, nous voila partis récupérer les deux autres zoziaux.

Et enfin, on peut attaquer, carte en main, LE road trip. Première étape, Uluru, vous savez, l'énorme cailloux au milieu de l'Australie, connu aussi sous le nom de Ayers Rock. Sur la carte il est juste a cote d'Alice Springs, en réalité il faut compter pas loin de 5h pour s'y rendre. On s'arrête faire un premier plein d'essence, et c'est cher dans cette région. Mais on voit des Émus.

Allez courage, le voila qui se profile a l'horizon, ça va être parfait, on va l'avoir pour le coucher de soleil et on pourra presque repartir dans la nuit !

Mais on avait oublie un petit détail, Uluru c'est un parc national, donc y'a des frais d'entrée, avec barrière et tout et tout. $25 par personne, juste pour aller voir ce bout de cailloux... Après concertation de l'équipe, on décide de payer et d'y aller, mais on se dit que du coup on y passera une partie du lendemain également. On arrive au spot intelligemment appelé "parking pour coucher de soleil", on pense donc être au bon endroit, avec la centaine de bagnoles garées en épis, et 4 fois plus de gens encore avec cameras, appareils photos, sièges de camping et bière a la main. Bon ben on s'adapte, on se fond dans la masse et on fait de même. Nous sommes de très bons touristes.

Mais c'est vrai que ça vaut le coup. Cet énorme monolithe de 9km de circonférence, 350m de haut (850m au dessus de la mer), est comme un iceberg : la partie principale est sous terre. Il change rapidement de couleur, soit disant par rapport a la lumière du soleil qui change en se couchant, mais je suspecte que les milliers de flash d'appareil photos y sont peut être pour quelque chose.. Tant qu'a être la, on mitraille donc le fameux rocher, et on se dit que demain on revient pour en faire l'ascension.

Il faut sortir du parc pour dormir. On zone donc dans la nuit, en roulant doucement pour trouver un spot a plat ou garer le camion. Finalement on trouve une piste qui part de la route, on s'aventure dans le bush et on s'installe sous les étoiles. Pas une seule lumière a la ronde, même pas la lune, c'est trop beau. Puis c'est si plat qu'on a un ciel immense, on ne peut pas le voir en entier sans tourner la tête. Maintenant il faut qu'on trouve comment tout fonctionne dans ce van, heureusement on a regarde ce DVD... On allume le gaz, on fait chauffer de l'eau pour notre premier repas : pâtes instantanées. Il s'agit ensuite de déplier les couchettes, sortir les couvertures, la première nuit ne sera pas la plus optimisée.

Bon, aucun serpent n'est rentre dans le van, aucune araignée, et pas de flics pour nous demander ce qu'on fait la. Très bien, on petit dej et on file vers Uluru, avec nos passes de 3 jours. Mais dommage, l'ascension est fermée pour cause de vents violents au sommet. On en fait le tour en voiture, on se gare sur le spot "parking pour lever de soleil", on prend des photos, on profite des toilettes du centre d'information (pas de cagadou, ni douche dans le van!!). On conduit jusqu'à la deuxième formation rocheuse particulière, the Olgas. C'est tout aussi joli et beaucoup plus grand. C'est également un lieu aborigène sacré.

On se gare et on s'embarque a pieds pour la randonnée de la vallée des vents. C'est majestueux et impressionnant, ça résonne, certains d'entre nous rotent (je ne donne pas de noms) et l'écho c'est rigolo. On croise Prya et son groupe de visiteurs, ce qui est marrant. Photos photos bien sur. Je tiens a faire une petite parenthèse sur la technologie pour les photos. Clem et Gui ont acheté un compact numérique pour leur voyage, quant a moi j'ai toujours mon reflex. Eux ils avaient des grandes cartes mémoires, moi une seule de 1go. J'avais donc prévu de décharger régulièrement la carte sur l'iPod grâce a un petit gadget. Dans la vallée des vents, j'arrivais a la fin de ma carte, et je l'avais déjà déchargée une fois en Tasmanie...

Au revoir Olga, car je sais pas si tu te rends compte, mais tu es pas toute seule sur notre road trip, on a encore plus de 5000 bornes devant nous. On reprend la route, et Julien se lance, il prend le volant !!! Rodolphe et Sibylle, rassurez vous, cette fois y'a eu débriefing avant la conduite, donc y'a pas eu de frayeur :) J'essaye donc l'arrière du van. Les rôles sont repartis selon les places. Le conducteur, il conduit. Normal. Le passager avant, il est en charge de parler au conducteur et de mettre de la musique avec l'iPod. Il doit aussi copiloter carte en main. Derrière, ils peuvent lire, se plaindre de la musique, prendre des photos, dormir ou écrire dans le carnet de voyage.

En consultant la carte on decide d'aller au moins jusqu'a Coober Peddy pour passer la nuit. On refait un plein, puis on fait des pauses de temps en temps. On croise des "road trains", appeles comme ca car ils sont aussi longs que des trains mais utilisent la route. Lances a toute vitesse, il leur faut surement des kilometres pour s'arreter.

On fait aussi un deuxième arrêt car Julien a évite de bousiller un iguane sur le bitume ! Donc demi tour, sortez vos appareils, on va photographier la bestiole. On en avait vu dans le Queensland, mais pas de cette taille. Celui la doit faire 1m20, peut être 1m50. c'est déjà un gros lézard. On l'encercle pour l'avoir sous différents angles. Voici la photo de Clem.

Moi je voulais absolument utiliser mon grand angle, et de prés. Dans le Queensland ils étaient cool, celui la ne doit pas être bien différent. L'œil colle dans le viseur, le deuxième fermé, je m'approche de l'iguane par devant. Ma vision du monde est maintenant limitée a ce que je vois dans l'objectif. Je m'agenouille m'approche encore un peu, règle ma vitesse d'obturation, quand d'un coup je vois la bête sauter vers moi dans mon appareil ! J'appuie sur le déclencheur en me jetant en arrière et en écartant ma tête de l'appareil pour revoir le monde en entier. L'iguane me siffle dessus et trace sa route, pendant que j'ai pris quelques pas de recul. Guillaume est mort de rire, j'ai le cœur a 100 a l'heure. Fallait voir la taille de ses griffes ! Le plus important c'est que j'ai eu la photo :D

Une heure plus tard le soleil tombe, et on fait une pause boisson/coucher de soleil. Les road trains nous klaxonnent et emportent nos chaises dans leur sillage. On les remet sur la route pour une photo avant de faire le dernier bout de route.

On est encore loin de Coober Pedy, et la réserve d'essence s'allume. Pas de station avant Coober Pedy a priori, Guillaume, au volant, lâche l'accélérateur pour tomber a 100kmh, puis un peu plus tard a 80. Julien stresse a l'arrière, mais on se dit tous que ça va le faire. Par sécurité on tombe progressivement a 60kmh. L'aiguille chatouille sérieusement le bas de la jauge, et certaines lueurs apparaissent a l'horizon. On pense qu'on est sauvés. Coober Pedy, ville minière (opale), nous offre une station essence ouverte, un supermarché ou on trouve des bières, et pas grand chose de plus. On gare le van a quelques kilomètres de la sortie de la ville, et on dort, rassurés.