Bon bon bon ! Voila les nouvelles...
Par Romain Levrault le vendredi, mai 8 2009, 22:44 - Lien permanent
Certains d'entre vous, si ce n'est tous, sont au courant que j'ai reçu de la visite de la bonne vieille France. Clément et Guillaume sont arrivés le 18 Avril, et sont repartis hier. On avait pas exactement en tête de passer 3 semaines à Melbourne, en conséquence nous avions minutieusement planifié un trip à travers l'île continent, qui allait laisser des séquelles. A peine sortis de l'avion, ils ont posé leurs affaires au backpacker, puis passé une chemise et on est sortis. Ils ont rencontré Marc, et au terme de plusieurs litres de boissons alcoolisées, ils sont rentrés à leur auberge de jeunesse vers 7h du matin. Autant pour le décalage horaire, me direz-vous.. Petite visite rapide en fin d'après midi ce même jour, puis nuit de repos bien méritée avant de prendre l'avion pour la Tasmanie le lendemain, direction Hobart. (La Tasmanie, c'est cette petite île en dessous de la grande).

A Hobart, nous récupérons la caisse que nous avions réservée, une Mitsubishi V6 Magna 3,5L avec un contrôleur de vitesse. C'était le moins cher de toutes façons !! Direction le magasin de montagne, ou l'on récupère le matos qu'on avait également réservé : 2 tentes, une popote-réchaud pour 4. On en profite pour acheter du savon biodégradable (on ne compte pas se laver, mais faut bien faire la vaisselle, non?), des cartes, des protège sacs étanches, un pantalon de rando pour moi et un Kway pour Guillaume. Pour l'instant la météo n'est pas dégueulasse, et c'est pourtant la réputation de la Tasmanie. On va ensuite faire les courses pour avoir des vivres pendant les 4 jours de rando qui arrivent. Principalement des pâtes instantanées et des conserves. De l'eau aussi, étant donné qu'il n'y en a pas dans le parc national. Allez, on reprend la mitsubishi et c'est parti pour Freycinet, 200km au nord d'Hobart. On achete nos entrées pour le parc national, puis on se met en quête d'un endroit pour planter les tentes. On trouve un emplacement pas loin de la baie, entouré de mobile home avec la TV-satellite et le chien qui court autour. Pour couronner le tout et ajouter au charme du camping, un van de français se gare à côté de nous et vient squatter notre feu quand on l'a eut allumé. On mange nos raviolis en conserve et on étudie la carte pour la rando qui commence le lendemain. D'après le centre d'information, la météo devrait rester clémente pour les 3 jours à venir, ouf, et il y aurait de l'eau au deuxième campement.

C'est un sentier qu'il faut suivre dans le sens inverse des aiguilles d'une montre afin de limiter la propagation d'un micro organisme dévastateur pour la flore de la péninsule (la phytophtora je crois). Premier jour tranquille, journée d'échauffement dirons nous, avec 2h30 de marche pour atteindre le campement de Hazard Beach.

Splendide bien sur, de l'eau cristalline et du sable blanc, des pélicans et plus aucun français ou caravane à des kilomètres à la ronde.. Cette petite étape nous donne du temps pour installer les tentes, et partir à la découverte des environs, il y aurait un lagon pas très loin d'après la carte. Puis il parait qu'on peut pêcher le crabe, ce qui agrémenterait parfaitement un repas. Efforts vains de ce côté là, tous les crabes débusqués étaient trop petits pour être cuisinés. On verra sur les plages suivantes.

Après avoir tout bien installé on s'enfonce dans les terres, appareil à la main, à l'affut pour les serpents mortels de Tasmanie, les araignées et les kangourous. Le lagon est malheureusement complètement asséché, alors on retourne vers la plage se reposer et commencer à cuisiner avec notre super popote.

On se rappellera du repas de ce soir là, hélas. Des pâtes cuites dans l'eau de mer (pour pas gaspiller trop d'eau, et pasqu'on avait pas beaucoup de sel non plus..) à la sauce Satay, miam, un régal. C'était tellement bon qu'on aura tous du mal à finir, même en ajoutant de la mayonnaise, en buvant de l'eau et en pensant à autre chose. Petite partie de carte pour éviter de se coucher à 6h30, puis chasse à l'opposum qui vient fouiller les sacs plastiques. Les kangourous sont posés dans la pénombre pas loin de nous, et s'approchent au cas ou on aurait laissé des pâtes au Satay. On rencontre des voisins, deux australiens qui pêchent autour de la péninsule avec leurs kayaks.

Le deuxième jour n'est pas bien difficile non plus, 3 maigres heures, réduites à 2 par notre rythme de marathonmen. Le temps est magnifique, grand soleil, Guillaume fait péter la crème solaire. Un campement agréable, ou il y a de l'eau dans une grande cuve ! Mais c'est là que les ennuis commencent. Il y a plein de petits vers dans cette eau, on installe donc un filtre à base de bandage sur le robinet, puis on doit ensuite la faire bouillir pour pouvoir l'utiliser. Ça prend du temps avec une seule popote, mais du temps on en a. On se demande si on aura assez de fuel par contre. On se rend compte par la suite que les batteries des appareils photos commencent à faire la gueule, et en plus de tout, qu'au supermarché on s'est planté, et on a oublié d'acheter un repas. Bon, pour aller se changer les idées on part vers Brians' Beach, à 1h de marche. La plage et l'eau sont trop belles, Clément Guillaume et moi nous jetons à l'eau, qui doit avoisiner les 12°. Mais ça fait du bien de se frotter sous les bras, on se sent mieux. De retour au campement on décide de se rationner le lendemain, de survivre sur des fruits secs, et de tout cuisiner à l'avance tant qu'on a de l'eau. On mange nos pâtes instantanées et on prépare le couscous du lendemain, qu'on répartit dans nos tupperwares. On sait aussi que si on veut passer par le sommet de Freycinet, il faut compter presque 2h de plus pour le détour. On se couche tôt. Les premières montées sont raides, les courbes de niveaux se font sentir.

Petit à petit nos réserves d'abricots secs et de raisins s'épuisent, et on sait qu'à midi on aura pas de vrai repas. A l'embranchement pour le sommet, on planque les sacs dans les buissons et on commence l'ascension. Ca vaut vraiment le coup, c'est magnifique et très sauvage, les derniers passages demandent l'utilisation des mains sur le rocher.

La dernière partie n'est pas la plus facile non plus, il faut passer par le mont Graham, et entamer la longue descente vers Wineglass Bay, la célèbre plage du circuit.

Nous voici arrivé au dernier campement, il fait froid mais on se jette tous à l'eau pour se décrasser (l'eau n'est pas plus chaude qu'a Brians Beach). 6h30 de marche aujourd'hui, et on a tous très faim. On envisage de chasser le kangourou, et clément construit un arc ou une lance. Chasse infructueuse, je change de stratégie. Il y a deux bateaux de pêcheurs dans la baie, et j'essaye de communiquer avec eux par signe pour pouvoir leur acheter du poisson. Ce sera encore des efforts vains, car ils ne viendront jamais sur la plage. Je les accuse de non assistance à personne en danger ! (la vérité c'est qu'il pêchent toute la nuit et s'en vont tot le matin pour vendre sur les marchés). A défaut se combler nos estomacs, on en prend plein la vue sur le coucher de soleil.

Une montée sévère nous attend le lendemain, sous un ciel couvert et orageux, ainsi que 2heures de marche pour atteindre la voiture et des chaussettes propres. On vient à bout des derniers kilomètres en finissant la batterie des appareils, on admire la vue sur wineglass bay, et on retrouve le parking ou nos amis sautillant nous attendent.

On file dans le premier village pour s'enquiller un énorme petit dej, oeufs, bacon, tomates, champignons, toasts, jus d'orange, café...aaaaaah ça fait du bien. Le reste du voyage en Tasmanie consiste à retourner à Hobart, manger un bon fish and chips sur le port, acheter de quoi faire des pâtes carbos, aller boire des pintes dans les bars du waterfront, passer une nuit en backpack, rendre la voiture, et prendre l'avion pour Melbourne puis pour Alice Springs...
Commentaires
ehben dis donc, pour les paysages super mais pour la bouffe j'aurais pas aimé (les pâtes à l'eau de mer, vieux souvenir cf ta maman!)
mais quand même je t'embauche comme organisateur de voyages!!!!
biz
Ah! depuis le temps qu'on l'attendait! on l'a eu cet article... Et on n'est pas déçus! Superbes paysages, mais les repas ne font pas rêver! je suis d'accord avec papa!
Bisous